et je suis devenue grand-mère

 Kathy, dans un très gentil commentaire ou E-mail, a eu la gentillesse de me confier qu’elle allait devenir grand-mère.

C’est ce qui m’a décidée à mettre en ligne ce texte qui fait partie d’un ensemble qui paraîtra un jour, si j’ arrive à me faire suffisamment confiance, sous le titre : « et je suis devenue vieille »

J’espère que les futures grands-mères, comme celles déjà estampillées, et les nouvelles mamans, y trouveront la certitude que la naissance d’un enfant active au sein de la famille (au sens large) une foule d’émotions qui méritent d’être parlées et partagées.

Pour Kathy, ma fille et son compagnon, mon fils et sa compagne, ma famille, mes petits enfants – qui sont maintenant 3- et tous ceus qui attendent avec leurs proches la naissance d’un premier enfant. Plein de bonheurs, de joies : n’ayez pas peur  de vos émotions, vivez-les.

Il neige. J’appelle à l’appartement. Répondeur. J’appelle au travail. Collègue. Il n’est pas venu. Il, c’est mon gendre. Il est à la maternité.  Je m’en doutais. J’avais juste besoin de confirmation. 

Je pleure. Quelle drôle de réaction. Je suis si heureuse ! J’ai eu confirmation. Et alors ? J’essaie de faire deux ou trois choses. Je commence, mais je ne finis rien. Je ris. Je pleure. Je tourne en rond. Je parle au chien. Non. Je ne peux pas rester là. Je me douche soigneusement. Au Cytéal. C’est un savon désinfectant. 

La voir. Les voir au plus vite. Aucun souvenir du trajet. Pourtant, j’arrive à la maternité de Purpan, sans m’être perdue ! A la maternité, j’explique que ma fille est en train d’accoucher. On me conduit dans une salle d’attente. Une infirmière me propose de « m’habiller » pour rejoindre ma fille et son mari. 

Honteuse. C’est comme ça que je suis maintenant. Elle insiste. J’essaie d’expliquer que ce n’est pas ma place. Que je veux seulement être là, au plus vite quand ils auront envie de me présenter mon petit fils, quand ils auront envie de partager un moment de cette naissance avec moi. 

Je dois m’embrouiller parce que visiblement, elle ne comprend pas ce que je fais là, si je ne veux pas enter.

 Pour qu’elle me lâche, je finis par lui dire que je souhaite seulement qu’elle leur dise que je les embrasse tendrement. Ouf ! Elle est repartie dans le service. J’espère qu’elle aura compris à minima et que mes enfants ne m’en voudront pas d’être déjà ici. 

J’essaie de lire. Je tourne les pages. Je rêve de ce petit garçon qui va être mon petit fils. Mon premier petit fils. Comment va-t-il être ? 

Je pense à elle. Ma toute petite. Ma chérinette. Ma pépette. N’aie pas peur ma toute belle. N’aie pas peur ma petite maman. Autorise-toi à vivre ce moment avec l’émotion qu’il mérite. L’émotion n’est pas ridicule.

Moi, je me suis forcée à rater ça : trop fleur bleue pour la féministe que je suis ! C’est ça qui est ridicule ! Pourquoi, ne lui ai-je pas raconté ma bêtise avant ? 

Il doit bien y avoir un distributeur de boissons et de sandwiches quelque part. Il, c’est mon gendre, va être affamé, et moi, j’aurai l’air utile si j’ai de quoi le restaurer quand je les verrai. 

Et s’ils ne veulent pas me voir ? Bon sang, de quoi je me mêle encore ! Foutue impulsivité ! J’agis d’abord, je pense après !   Et l’infirmière qui n’a rien compris. Savoir ce qu’elle leur a raconté. Evidemment, je n’ai pas l’heure et j’ai encore laissé mon portable à la maison. 

Et si elle était déjà dans sa chambre alors que j’attends là ? Pourquoi suis-je venue ici, dans cette salle d’attente du service ? J’aurais dû attendre sagement dans le hall de la maternité ou dans le bistrot d’à côté. 

L’infirmière ! Elle revient !  -« je leur ai dit que vous étiez-là. Tout se passe bien. Je vous donne la blouse ? » Non ! Non merci ! Partir. Fuir. Mais de quoi je me mêle ? Ce n’est pas ma place, je le sais bien. Tout se passe bien. Elle ne souffre pas. Il n’y a pas de problème. Tout se passe bien. C’est ça que ça veut dire. Sûr. C’est ça que ça veut dire. 

Encore ! Mais qu’est-ce qu’elle a à passer et à repasser au lieu de s’occuper de ma fille ? Non ! NON ! Je ne veux pas venir. J’ai juste besoin d’être à proximité. Que c’est long. Qu’est-ce qui est long ? Le temps d’u accouchement ou celui de ma bêtise ? 

J’entends encore ses pas. Elle va revenir. Elle va encore insister. Partir. Je me lève et me dirige le plus dignement possible vers la sortie.

La porte s’ouvre. C’est lui ! Le Papa de mon petit fils. A-t-il l’air fâché après-moi ?

Coup d’œil furtif. Je ne vois rien. Je ne suis qu’émotion. Je ne sais pas de quoi il a l’air. Je me précipite vers lui. Aucun souvenir de réalité. Je dois encore pleurer ? Je passe la porte derrière lui. Il m’aide à mettre la blouse à l’endroit et à passer les chaussons. Je suis plus assurée. Je me suis douchée soigneusement au savon désinfectant. 

Il pousse une autre porte. Ils sont là ! Tous les deux ! Mon bébé et son bébé ! Plus beaux l’un que l’autre, aussi beaux l ‘un que l’autre ? Ma toute petite et son vrai bébé ! 

Jambes coupées. Voix coupée. Je crois que j’ai les tripes dans les talons.  Pas de souvenirs précis de mots, de gestes. Les tripes dans les pieds. Je suis devenue mère et grand-mère en même temps.  C’est vieillir trop vite pour des souvenirs précis. 

 


3 commentaires

  1. SweetAngel dit :

    A six ans, je pensais, je m’en souviens très bien,
    Que tous étaient vieux sitôt les dix ans atteints;
    Mais lorsque furent mes dix ans bien sonnés,
    C’est à quinze ans que je voyais la maturité;
    Puis, longtemps après, lorsque j’attrapai mes quinze ans,
    Je croyais qu’on est vieux à 21 ans seulement…

    Mais lorsque je fus bientôt arrivé à cet âge,
    J’opinais qu’à 30 ans on doit devenir sage;
    Puis, une fois rendu à 30 ans, c’est curieux,
    Je disais: « C’est à 40 ans qu’on devient vieux. »

    Mais la quarantaine vint et, tout fringant;
    « Alors, me dis-je, ça doit être à 50 ans ? »
    Puis arrivé à cet âge, je résolus
    Qu’on est jeune jusqu’à 60 ans révolus.

    Mais voici que j’en ai 70 des ans,
    Et me trouve aussi jeune qu’à sept quasiment,
    Bien sûr, mes cheveux sont un tantinet gris,
    Et je marche un peu courbé aussi;
    Il est vrai que mes garnements, suivant mes pas,
    Me disent parfois: « Dépêches-toi, grand-papa ! »

    Malgré tout, je suis aussi jeune maintenant,
    Qu’aux jours où je croyais les gens vieux à dix ans.
    Un peu assagi, peut-être par les années,
    Et peut-être quelques illusions envolées,
    Malgré le poids des ans, dis-moi, ô mon Dieu

    Quand est-ce donc qu’on devient vraiment vieux ?…

    Amicalement
    Michel

    ps : je ne connais pas l’auteur

  2. SweetAngel dit :

    Oups désolé pb d’accents dans le commentaire
    Michel

  3. kathy85 dit :

    y’a bien longtemps que je n’étais pas passé par la encore merci mamy les mois avancent et je le vois mieux maintenant le bonheur de devenir grand mère voila est enfin arrivée.

    Dernière publication sur le quotidien de la vie et des gifs : DEJA UN AN

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